Interpellé par les médias et de nombreux fidèles, Monseigneur Jean-Luc Bouilleret, Evêque d'Amiens prend part au débat.

Texte de Monseigneur Jean-Luc Bouilleret, Evêque d'Amiens.

 

Le mariage pour tous ?

Dans les différentes rencontres de ces jours-ci, de nombreuses personnes m’interrogèrent sur le projet d’instaurer le mariage civil pour les personnes de même sexe et également de rendre possible l’adoption.

La plupart me disent leur inquiétude devant un tel changement social. Les personnes ne comprennent pas pourquoi il est nécessaire de changer ce socle de la vie sociale qui s’appuie sur le mariage défini comme l’union d’un homme et d’une femme.

Par ailleurs, ces personnes rencontrées tiennent pour évident que les homosexuels ne doivent pas subir de discrimination. La reconnaissance des personnes homosexuelles doit pouvoir se faire sans ajouter de la confusion. L’accueil dans leur propre famille est une étape importante dans leur vie. Entendre qu’elles peuvent vivre un amour authentique à leur yeux leur permettra de mieux vivre leur quotidien. L’Eglise catholique doit pouvoir manifester son attention à tout homme et toute femme.

Cependant elles ne considèrent pas que pour lutter contre l’homophobie, il faille modifier la définition du mariage qui a cours actuellement dans le code civil.

En effet, l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe impliquerait que le mariage n’est qu’uneconvention sociale qui pourrait être modulée au gré des majorités politiques. Et le mariage d’un homme et d’une femme ainsi que la vie familiale avec un père et une mère perdrait son caractère structurant pour les individus et pour la société.

L’Eglise catholique voit dans l’union de l’homme et de la femme exprimée par leur complémentarité sexuelle le signe vivant d’un amour qui se donne et se traduit dans l’ouverture à la transmission de la vie.

Cette nouvelle vie humaine issue de la rencontre intime de l’homme et de la femme est un don qui est fait à la famille. La famille se justifie par l’arrivée de ce nouvel être humain.

L’enfant se construit dans la reconnaissance de la différence entre sa mère et son père. Permettre l’adoption aux personnes de même sexe priverait l’enfant de cette complémentarité structurante ? N’y aurait-il pas alors une discrimination envers les enfants qui auraient un père et une mère et ceux qui auraient un parent « un » et un parent « deux » de même sexe ?

L’être humain est un être personnel qui se construit par héritage et par la vie en société. Cette vie en société est basée sur trois interdits fondamentaux qui traversent toutes les cultures, qui assurent la stabilité et la pérennité de la société. Il s’agit du refus du mensonge, du refus de la violence meurtrière et du refus de la confusion des générations et des genres. Là où la recherche de la vérité n’est plus première,

aucune relation ne peut s’inscrire dans la durée et le mensonge engendre la méfiance. Là où le meurtre du frère n’est pas prohibé, la violence détruit tout. Là où le respect de la différence des générations et des genres n’est plus valorisé, la confusion entraîne à terme la déstructuration des personnes et de la société.

Dans une société occidentale qui a besoin de repères, il ne convient pas de brouiller les fondements de la vie sociale. La famille est basée sur l’alliance matrimoniale d’un homme et d’une femme. La liberté des individus ne peut pas être le seul critère pour les législations des démocraties modernes.

Nous invoquons le principe de précaution dans de nombreux domaines de notre vie. Alors pourquoi ne pas le solliciter quand on envisage des changements sociaux dont nous ne mesurons pas les conséquences ?

+ Jean-Luc BOUILLERET
Evêque d’Amiens

la paroisse sur le site du diocese

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